Société

L'inclusion a-t-elle une date de péremption ?

Par Wilfried Borg

Point d'interrogation : l'inclusion a-t-elle une date de péremption

Sur le marché du préservatif, l'inclusion est devenue un réflexe marketing : couples homosexuels, couples mixtes, corps hors normes. Ce qui était hier un engagement est aujourd'hui un standard. C'est plutôt une bonne nouvelle. Mais soyons lucides : un standard ne différencie plus.

À force de mettre en avant la différence comme argument central, une question se pose : les communautés concernées n'ont-elles pas, à un moment donné, assez d'être convoquées comme symboles marketing ? Montrer n'est pas agir. L'inclusion réduite à l'image devient une posture, et une posture, même vertueuse, finit par s'épuiser.

Sur notre marché, le sujet fondamental n'est pas l'identité : c'est la relation à l'autre, le respect, le consentement, la responsabilité partagée. L'inclusion n'est pas une esthétique, c'est une exigence — et son stade le plus abouti n'est peut-être pas la revendication permanente, mais le moment où elle devient simplement normale.

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