Sexologie et sexothérapie : qui fait quoi ?
Dernière vérification des sources : (sources officielles, recommandations et démarches).
Ce dossier n'a pas fait l'objet d'une relecture médicale. Il résume des sources officielles et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.
En trois idées
- « Sexologue » n’est pas un titre protégé en France : le mot seul ne dit ni la formation, ni ce que la personne a le droit de faire.
- Les titres de médecin, de psychologue et de psychothérapeute, eux, sont protégés : ils se vérifient.
- Une difficulté sexuelle peut avoir une cause médicale ou non. Un avis médical permet de le savoir, et un accompagnement en sexologie peut s’y ajouter.
Quand la vie intime accroche, on ne sait pas toujours à qui en parler : médecin, psychologue, sexologue, sexothérapeute ? Les mots se ressemblent, les formations et les droits beaucoup moins.
Ici, pas de jugement et pas de dramatisation. Juste ce que disent les sources officielles, avec leurs dates, pour t’aider à t’y retrouver. Ce dossier ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.
La santé sexuelle, c’est quoi ?
L’OMS, dont la définition est reprise par Santé publique France, décrit la santé sexuelle comme « un état de bien-être physique, émotionnel, mental et social associé à la sexualité ». Autrement dit, être en bonne santé sexuelle ne se réduit pas à l’absence de maladie ou de dysfonction.
Santé publique France range d’ailleurs les troubles sexuels dans ce champ, à côté des infections sexuellement transmissibles, de la contraception ou des violences. En parler fait donc partie de la santé, au même titre que le reste.
« Sexologue » : un mot qui recouvre plusieurs métiers
En France, le titre de sexologue n’est pas protégé. Une réponse ministérielle de 1998 constatait qu’aucune réglementation spécifique ne concernait la sexologie, et les organisations professionnelles actuelles, comme le Syndicat national des sexologues cliniciens (SNSC, 2026), font le même constat. Conséquence : le mot « sexologue » seul ne dit rien de la formation de la personne, ni de ce qu’elle a le droit de faire.
Ce que le mot peut recouvrir
- Un médecin qui s’est formé en sexologie. Depuis 1996, les médecins peuvent suivre un cursus universitaire de trois ans, qui mène à un diplôme inter-universitaire de sexologie. D’après la réponse ministérielle de 1998, une délibération de l’Ordre des médecins d’avril 1997 réserve aux seuls titulaires de ce diplôme la mention du titre de sexologue sur leurs plaques et leurs ordonnances. Cette information est ancienne : elle est à confirmer auprès de l’Ordre.
- Un professionnel qui n’est pas médecin. Selon le SNSC, « sexologue clinicien » est une appellation générale qui regroupe plusieurs approches : le sexothérapeute, qui pratique la sexothérapie (des protocoles thérapeutiques ciblés sur les difficultés sexuelles), le psycho-sexologue, qui articule l’accompagnement avec une lecture psychologique, et le sexoanalyste. Le SNSC distingue cette sexologie clinique de la sexologie médicale, exercée par des médecins. Ces définitions viennent d’un syndicat : aucun texte de loi ne les fixe.
Ce qui, lui, est protégé
Trois titres sont encadrés par la loi, d’après la page de l’agence régionale de santé des Hauts-de-France (mise à jour le 26 février 2025) :
- Psychologue. L’usage professionnel du titre est réservé aux titulaires d’un diplôme universitaire de psychologie figurant sur une liste fixée par décret (article 44 de la loi du 25 juillet 1985).
- Psychothérapeute. Le titre est réservé aux professionnels inscrits au registre national des psychothérapeutes (article 52 de la loi du 9 août 2004). La liste est dressée par l’agence régionale de santé, tenue à jour et mise à la disposition du public.
- Médecin. Le diagnostic et le traitement des maladies sont réservés aux titulaires du diplôme de médecin : le ministère rappelait en 1998 que l’exercice illégal de la médecine relève du juge.
Usurper un titre protégé est puni : l’article 433-17 du Code pénal, cité par la même page, prévoit un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende.
Un détail qui compte : un professionnel qui se présente comme « psychologue-sexologue » porte un titre vérifiable (psychologue) et un mot qui ne l’est pas (sexologue). Un sexologue qui n’est pas médecin ne peut ni prescrire un traitement ni poser un diagnostic médical.
Qui peut t’aider ?
Plusieurs professionnels peuvent accompagner la santé sexuelle. Voici les fonctions que décrivent le portail officiel Mon Parcours Handicap (Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, mis à jour le 27 novembre 2025) et l’Assurance Maladie (30 janvier 2026).
| Professionnel | Ce que disent les sources officielles |
|---|---|
| Médecin généraliste | Tu peux lui demander conseil et suivi. Il indique les examens utiles selon ton âge et ta situation, et peut t’orienter vers un spécialiste ou vers un thérapeute spécialisé en sexologie |
| Sage-femme | Elle peut suivre ta santé sexuelle, y compris celle des hommes d’après le portail. Sa consultation est prise en charge sans prescription du médecin généraliste |
| Gynécologue | Médecin spécialisé notamment en cas de pathologie ou de problème. Même prise en charge sans prescription |
| Urologue | Spécialiste de l’appareil urinaire et reproducteur, parfois plus particulièrement des troubles de l’érection et de la stérilité masculine |
| Andrologue | Médecin spécialiste des fonctions reproductives de l’homme |
| Endocrinologue | Médecin spécialisé dans les dérèglements hormonaux |
| Psychologue | Un suivi psychologique peut être proposé par le médecin lorsque des facteurs psychologiques entrent en jeu |
| Sexologue | Traite les troubles d’ordre sexuel ou du comportement amoureux. Les consultations peuvent se dérouler seul ou en couple |
Tu peux aussi t’adresser à un centre de santé sexuelle. À savoir : selon le portail, la Sécurité sociale rembourse la consultation chez un sexologue uniquement si le praticien est conventionné.
Quand en parler à un médecin ?
Une difficulté sexuelle n’est pas toujours une maladie. Mais elle peut avoir une cause physique, et seul un avis médical permet de le savoir.
- Quand elle dure ou se répète. Pour les troubles de l’érection, le portail Mon Parcours Handicap retient des difficultés présentes depuis plus de trois mois et de façon répétée.
- Quand une cause médicale est possible. Pour les troubles de l’érection, l’Assurance Maladie décrit un bilan qui recherche notamment un diabète, une maladie rénale ou un excès de cholestérol, et qui passe en revue les médicaments pris. Si un médicament est en cause, le médecin peut éventuellement en prescrire un autre.
- Quand tu prends un traitement. Parle-en au médecin qui te l’a prescrit, sans l’arrêter de toi-même.
Un accompagnement en sexologie n’est pas réservé aux situations « médicales ». L’Assurance Maladie indique que, pour les troubles de l’érection, l’approche sexothérapique fait partie de la prise en charge et peut être proposée à chaque étape. Pour d’autres difficultés, chaque dossier de cette rubrique détaille quand consulter et qui consulter.
Comment vérifier un professionnel ?
Le plus simple est de vérifier ce qui peut l’être.
- Demande son titre exact et sa profession de base : médecin, psychologue, sage-femme… Un intitulé comme « sexologue » ou « sexothérapeute » ne suffit pas à lui seul.
- Pour une profession de santé, l’Annuaire Santé de l’Agence du Numérique en Santé met en libre accès le numéro RPPS, le nom d’exercice, la profession, la spécialité et les diplômes. L’annuaire de l’Assurance Maladie, annuairesante.ameli.fr, permet aussi de trouver un professionnel de santé.
- Pour un psychologue ou un psychothérapeute, les titres sont protégés. Les psychothérapeutes figurent sur un registre national dont la liste est publique.
- Pour un sexologue ou un sexothérapeute qui n’est pas professionnel de santé, il n’existe aucun registre public de l’État. Demande-lui sa formation, sa profession d’origine et s’il adhère à une organisation professionnelle. Ces organisations, comme le SNSC avec son référentiel ACENOS, proposent des repères privés : ce ne sont pas des garanties de l’État.
- Pense au remboursement : renseigne-toi avant la consultation, car il dépend du statut du praticien.
Sources
Toutes consultées le 11 octobre 2026, sauf mention contraire.
- Santé publique France, Santé sexuelle : les enjeux, mis à jour le 17 novembre 2025.
- Assemblée nationale, question écrite n° 12465 et réponse du ministre de la Santé, réponse publiée le 26 octobre 1998.
- Agence régionale de santé Hauts-de-France, Usage du titre de psychothérapeute, mis à jour le 26 février 2025.
- Assurance Maladie, Consultation et traitement des troubles de l’érection, 30 janvier 2026.
- Mon Parcours Handicap (Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie), Santé sexuelle : quel suivi médical ?, publié le 11 septembre 2023, mis à jour le 27 novembre 2025.
- Syndicat national des sexologues cliniciens, Sexologue clinicien : qui encadre vraiment la profession en France ?, 29 juin 2026. Source professionnelle, non officielle.
- Agence du Numérique en Santé, Annuaire Santé. Page vue seulement par extrait de recherche.
Limites des connaissances
- Un texte officiel ancien. La seule source officielle que nous avons ouverte sur le statut de la sexologie date de 1998. Les sources récentes sont des organisations professionnelles et des guides : à confirmer.
- Des définitions de métiers sans valeur légale. « Sexothérapeute », « psycho-sexologue » ou « sexoanalyste » sont définis ici par un syndicat, pas par la loi.
- Un dossier général. Il ne détaille aucune difficulté en particulier : chaque dossier de la rubrique le fait, avec ses propres sources.
- Un dossier de synthèse. Il résume des sources officielles et ne remplace pas un professionnel de santé. L’état de sa relecture médicale est indiqué en haut de la page.
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