Coup de gueule : 9000 préservatifs condomz perdus.
9 000 préservatifs. Disparus. Comme ça.
Chronopost vient de perdre l’un de nos colis.
Pas une enveloppe. Pas trois échantillons.
9 000 préservatifs.
Un colis suffisamment volumineux pour qu’on ait du mal à imaginer qu’il soit tombé derrière une étagère.
Et pourtant : introuvable.
Le plus inquiétant ?
Cette année, les transporteurs nous ont déjà « égaré » 18 000 préservatifs.
Alors oui, il y a les indemnisations et les assurances.
Mais il y a une subtilité que beaucoup ignorent.
Le transporteur perd votre colis. Sa responsabilité peut être engagée. Mais son indemnisation est plafonnée.
Et si vous voulez être certain de récupérer la valeur réelle de ce qu’il a perdu, c’est à vous, expéditeur, de souscrire une assurance complémentaire.
Autrement dit :
vous devez vous assurer contre le risque que le professionnel à qui vous confiez votre marchandise… la perde.
Étonnant, non ?
Mais dans notre cas, le problème va beaucoup plus loin que la valeur du colis.
Nous vendons des dispositifs médicaux.
Ces 9 000 préservatifs portent notre marque, un numéro de lot et une date de péremption. Ils doivent être conservés dans des conditions adaptées et leur distribution s’inscrit dans une chaîne réglementée.
Une assurance peut rembourser une marchandise.
Elle ne nous dit pas où sont les 9 000 préservatifs.
Et un colis « perdu » n’est pas forcément perdu pour tout le monde.
On voit aujourd’hui des boutiques de « colis perdus », des ventes au poids, des colis mystères. Et il suffit de parcourir les marketplaces et sites de petites annonces pour constater la quantité de produits neufs qui y sont revendus.
Je ne prétends évidemment pas que notre colis terminera dans l’un de ces circuits.
Mais la question mérite d’être posée :
où finissent réellement les marchandises déclarées perdues ?
Car si demain nos préservatifs réapparaissent quelque part, éventuellement séparés de leur conditionnement d’origine et sans que nous sachions dans quelles conditions ils ont été stockés, le problème devient autrement plus sérieux.
Le consommateur, lui, ignorera qu’ils proviennent d’un colis disparu.
Il verra simplement le nom inscrit sur le produit.
Le nôtre.
Et en cas de problème, qui contactera-t-il ?
Nous.
C’est pour cela que la simple indemnisation ne peut pas tout régler.
Elle traite éventuellement la perte financière.
Elle ne règle ni la traçabilité ni le devenir de 9 000 dispositifs médicaux dans la nature.
Il serait peut-être temps que le législateur se penche sur la traçabilité et le devenir des marchandises déclarées perdues par les transporteurs, particulièrement lorsqu’il s’agit de produits réglementés.
Parce qu’après 18 000 préservatifs perdus en une année, je ne veux plus seulement savoir combien on va nous rembourser.
Je veux surtout qu’on nous explique :
OÙ SONT PASSÉS NOS PRÉSERVATIFS ?
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