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"Je veux créer ma marque de préservatifs. "

Par Wilfried Borg ·
« Je veux créer ma marque de préservatifs » : boîte noire de 12 préservatifs sur un bureau devant un ordinateur, et « Pas si simple ! »
Je reçois régulièrement ce type de message.

Une idée de nom.

Un logo.

Un packaging, aujourd’hui très facilement réalisable avec l’IA.

Une boîte de 12.

Un compte Instagram.

Et cette question : " Comment fait-on pour fabriquer ma marque ? "

L’idée peut être bonne. L’envie d’entreprendre aussi.

Mais il est utile de rappeler une chose essentielle :

Un préservatif n’est pas un produit que l’on achète sur catalogue en Chine, sur lequel on pose son logo avant de le vendre sur Amazon ou une marketplace.

Un préservatif est un dispositif médical.

Et derrière cette petite boîte se trouve une chaîne de responsabilités réglementaires et industrielles particulièrement exigeante.

Il faut un fabricant qualifié, un produit conforme aux exigences applicables, une évaluation de conformité, un marquage CE, une déclaration UE de conformité, une documentation technique, une traçabilité par lots, des contrôles qualité, une durée de vie validée, un étiquetage et une notice conformes.

Il faut également déterminer précisément qui est fabricant, importateur, mandataire européen et distributeur, et quelles responsabilités chacun assume.

Et le travail ne s’arrête surtout pas lorsque le produit arrive dans l’entrepôt.

Il faut être capable de tracer les lots, enregistrer et analyser les réclamations, gérer la matériovigilance, la surveillance après commercialisation et, si nécessaire, bloquer un lot, organiser une action corrective de sécurité ou un rappel.

Mettre son logo sur la boîte ne transfère pas la responsabilité à l’usine.

Puis vient la réalité industrielle.

Une boîte personnalisée de 12 préservatifs peut rapidement nécessiter un MOQ de plusieurs milliers, voire dizaines de milliers de boîtes. Sur certains projets que nous étudions, nous sommes autour de 14 400 boîtes, soit plus de 170 000 préservatifs pour une seule référence.

Et ensuite seulement commence le commerce.

Parce qu’avoir 14 400 jolies boîtes dans un entrepôt ne crée pas 14 400 clients.

Il faut financer le stock, le packaging, le transport, les démarches réglementaires, le stockage, l’assurance, le site, l’acquisition, la communication, l’échantillonnage, les influenceurs éventuels, le référencement et surtout construire un réseau de distribution.

À 100 boîtes vendues par mois, 14 400 boîtes représentent douze années de stock.

Voilà pourquoi, lorsque quelqu’un me parle d’une véritable création de marque nationale, je lui conseille de ne pas raisonner seulement en « prix de fabrication de la boîte », mais en budget global de lancement et en besoin de financement.

Une enveloppe de 100 000 € pour construire sérieusement un tel projet n’a alors plus rien d’extravagant.

Cela ne veut pas dire qu’il est impossible de créer une nouvelle marque de préservatifs.

Bien au contraire.

Mais dans notre métier, le logo et le packaging sont probablement la partie la plus facile du projet.

Le plus difficile, c’est tout ce que le consommateur ne voit pas.

Et c’est justement ce qui me plaît dans ce métier depuis plus de vingt ans : derrière un produit qui semble extrêmement simple se cachent de l’industrie, de la réglementation, de la qualité, de la logistique, de la responsabilité et, évidemment, du commerce.

Le préservatif est un business, oui.

Mais pas n’importe lequel.

C’est d’abord un dispositif médical que des personnes vont utiliser pour se protéger.

Et cette réalité doit toujours passer avant le marketing.

Wilfried Borg — Depuis 2003, j'entreprends dans un métier pas tout à fait comme les autres le préservatif. Condomz.com (marque de préservatifs Condomz)

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