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La Rosée : quand les marques investissent les pharmacies

Par Wilfried Borg ·
Pharmacie française entre santé et distribution de marques

Tout le monde raconte en ce moment la success-story de La Rosée.

Et il faut reconnaître que l’histoire est intéressante : une marque française, une gamme courte, un positionnement « naturel », pas d’Amazon comme passage obligé, et un développement pharmacie après pharmacie.

Rien que pour cela, j’aime cette histoire : non, Amazon n’est pas le Graal lorsqu’on veut construire une marque.

Mais cette réussite raconte aussi autre chose.

Elle montre à quel point les quelque 20 000 pharmacies françaises sont devenues un réseau de distribution convoité par les marques.

Et cela mérite qu’on s’interroge.

À l’origine, pourquoi entre-t-on dans une pharmacie ?

Pour rencontrer un professionnel de santé.

Le pharmacien prête le serment de Galien. Il s’engage notamment à exercer dans l’intérêt de la santé publique, avec conscience, probité et désintéressement.

Regardons pourtant certaines pharmacies aujourd’hui.

Des mètres de cosmétiques, compléments alimentaires, produits « naturels », marques tendance, promotions, têtes de gondole…

Le problème n’est évidemment pas que les pharmaciens vendent des cosmétiques.

Le véritable sujet, c’est le transfert de confiance.

Chez Sephora ou sur Amazon, le consommateur sait qu’il se trouve dans un univers commercial.

Dans une pharmacie, le produit bénéficie implicitement de la caution de la blouse blanche : « Si mon pharmacien le vend, c’est probablement qu’il l’a sélectionné. »

Mais est-ce toujours réellement le cas ?

Un pharmacien peut-il connaître parfaitement la formulation, les preuves des allégations, la conformité et la qualité des centaines de références présentes dans son officine ?

Les récentes non-conformités constatées sur certains préservatifs vendus notamment en pharmacie montrent au moins que le canal de distribution ne constitue pas, à lui seul, une garantie de qualité.

Et je ne jette pas la pierre aux pharmaciens.

Car leur modèle économique les pousse aussi dans cette direction.

Le médicament remboursable est extrêmement encadré : prix, marges, honoraires… Pendant ce temps, il faut payer les salariés, le local, les stocks et faire vivre l’entreprise.

Alors on se regroupe. On crée des réseaux. On mutualise les achats. On développe la parapharmacie. On référence les marques qui tournent. Certains groupements développent même leurs propres marques.

Économiquement, cela se comprend.

Mais peut-être est-il temps de prendre un peu de hauteur et de poser une question collective :

Que voulons-nous que soit une pharmacie française dans 10 ans ?

Une supérette performante de la santé, de la beauté et du bien-être, avec un professionnel de santé derrière le comptoir ?

L modèle économique permet au pharmacien de consacrer son temps au conseil, à la prévention, au dépistage, à la vaccination et au bon usage des produits de santé ?

La question dépasse largement les pharmaciens.

Elle concerne notre modèle de santé.

Et finalement, derrière la réussite commerciale de La Rosée, je vois une autre histoire passionnante :

Comment l’un des réseaux de professionnels de santé les plus denses de France est-il également devenu l’un des réseaux de distribution les plus convoités par les marques ?

Et surtout : est-ce vraiment ce que nous voulons pour demain ?

Tout le monde raconte en ce moment la success-story de La Rosée.

Et il faut reconnaître que l’histoire est intéressante : une marque française, une gamme courte, un positionnement « naturel », pas d’Amazon comme passage obligé, et un développement pharmacie après pharmacie.

Rien que pour cela, j’aime cette histoire : non, Amazon n’est pas le Graal lorsqu’on veut construire une marque.

Mais cette réussite raconte aussi autre chose.

Elle montre à quel point les quelque 20 000 pharmacies françaises sont devenues un réseau de distribution convoité par les marques.

Et cela mérite qu’on s’interroge.

À l’origine, pourquoi entre-t-on dans une pharmacie ?

Pour rencontrer un professionnel de santé.

Le pharmacien prête le serment de Galien. Il s’engage notamment à exercer dans l’intérêt de la santé publique, avec conscience, probité et désintéressement.

Regardons pourtant certaines pharmacies aujourd’hui.

Des mètres de cosmétiques, compléments alimentaires, produits « naturels », marques tendance, promotions, têtes de gondole…

Le problème n’est évidemment pas que les pharmaciens vendent des cosmétiques.

Le véritable sujet, c’est le transfert de confiance.

Chez Sephora ou sur Amazon, le consommateur sait qu’il se trouve dans un univers commercial.

Dans une pharmacie, le produit bénéficie implicitement de la caution de la blouse blanche : « Si mon pharmacien le vend, c’est probablement qu’il l’a sélectionné. »

Mais est-ce toujours réellement le cas ?

Un pharmacien peut-il connaître parfaitement la formulation, les preuves des allégations, la conformité et la qualité des centaines de références présentes dans son officine ?

Les récentes non-conformités constatées sur certains préservatifs vendus notamment en pharmacie montrent au moins que le canal de distribution ne constitue pas, à lui seul, une garantie de qualité.

Et je ne jette pas la pierre aux pharmaciens.

Car leur modèle économique les pousse aussi dans cette direction.

Le médicament remboursable est extrêmement encadré : prix, marges, honoraires… Pendant ce temps, il faut payer les salariés, le local, les stocks et faire vivre l’entreprise.

Alors on se regroupe. On crée des réseaux. On mutualise les achats. On développe la parapharmacie. On référence les marques qui tournent. Certains groupements développent même leurs propres marques.

Économiquement, cela se comprend.

Mais peut-être est-il temps de prendre un peu de hauteur et de poser une question collective :

Que voulons-nous que soit une pharmacie française dans 10 ans ?

Une supérette performante de la santé, de la beauté et du bien-être, avec un professionnel de santé derrière le comptoir ?

L modèle économique permet au pharmacien de consacrer son temps au conseil, à la prévention, au dépistage, à la vaccination et au bon usage des produits de santé ?

La question dépasse largement les pharmaciens.

Elle concerne notre modèle de santé.

Et finalement, derrière la réussite commerciale de La Rosée, je vois une autre histoire passionnante :

Comment l’un des réseaux de professionnels de santé les plus denses de France est-il également devenu l’un des réseaux de distribution les plus convoités par les marques ?

Et surtout : est-ce vraiment ce que nous voulons pour demain ?