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Liquide pré-éjaculatoire : faut-il mettre un préservatif avant la pénétration ?

Par Wilfried Borg ·
Liquide pré-éjaculatoire : faut-il mettre un préservatif avant la pénétration ?

Liquide pré-éjaculatoire : faut-il mettre un préservatif avant la pénétration ?

Le savais-tu ? Un pénis peut produire plusieurs sécrétions pendant l'excitation sexuelle, bien avant l'éjaculation. Et certaines peuvent participer à la transmission d'infections sexuellement transmissibles (IST).

On entend parfois cette petite phrase :

« On commence sans préservatif, on le mettra juste avant la pénétration. »

Ou encore :

« Tant qu'il n'y a pas d'éjaculation, il n'y a aucun risque. »

Ces deux idées méritent quelques explications.

Car le corps masculin n'attend pas l'orgasme pour produire des sécrétions. Et la sexualité ne commence pas forcément au moment de la pénétration.

Alors, que sont ces liquides ? D'où viennent-ils ? À quoi servent-ils ? Et peuvent-ils transmettre une IST ?

On t'explique.

1. Le liquide de Cowper : quelques gouttes avant l'éjaculation

Tu as peut-être déjà remarqué qu'au cours de l'excitation sexuelle, une petite quantité de liquide transparent peut apparaître à l'extrémité du pénis.

Ce n'est pas nécessairement du sperme.

Il s'agit généralement du liquide pré-éjaculatoire, aussi appelé liquide pré-séminal.

Il est produit principalement par deux petites glandes situées sous la prostate : les glandes de Cowper, ou glandes bulbo-urétrales.

Leur rôle est plutôt ingénieux.

Elles sécrètent un liquide muqueux qui contribue à lubrifier l'urètre, le canal par lequel passent l'urine et le sperme.

Ce liquide aide également à réduire l'acidité résiduelle laissée par l'urine.

Autrement dit, le corps prépare naturellement le passage des sécrétions sexuelles avant même l'éjaculation.

Chez certaines personnes, seules quelques gouttes sont visibles. Chez d'autres, la quantité peut être beaucoup plus importante. Et parfois, on ne remarque rien.

Ces différences sont généralement normales.

2. Les glandes de Littré : les grandes discrètes

Les glandes de Cowper ne travaillent pas seules.

Le long de l'urètre se trouvent également de petites glandes appelées glandes de Littré.

Elles produisent des sécrétions muqueuses qui participent à la lubrification et à la protection de la muqueuse urétrale.

Le liquide visible avant l'éjaculation peut donc provenir de plusieurs glandes.

Ce n'est pas un liquide unique fabriqué par un seul organe, mais un ensemble de sécrétions qui peuvent se mélanger.

Voilà pourquoi le terme « liquide pré-éjaculatoire » est plus juste que « liquide de Cowper » lorsqu'on parle de ce qui apparaît à l'extrémité du pénis.

3. Et le liquide prostatique ?

La prostate produit elle aussi des sécrétions.

Son liquide entre principalement dans la composition du sperme au moment de l'éjaculation.

Il contient notamment des substances qui participent à la fluidification du sperme.

Les vésicules séminales produisent, de leur côté, une grande partie du liquide séminal, notamment riche en fructose.

Au moment de l'éjaculation, ces sécrétions se mélangent aux spermatozoïdes provenant des voies génitales.

Il faut donc distinguer trois choses :

  • Le liquide pré-éjaculatoire, produit pendant l'excitation avant l'éjaculation.

  • Les sécrétions prostatiques et des vésicules séminales, qui participent principalement à la constitution du sperme.

  • Le sperme, ou éjaculat, qui est le mélange expulsé lors de l'éjaculation.

Tous ces liquides n'ont pas la même origine ni la même fonction.

4. Le liquide pré-éjaculatoire peut-il transmettre une IST ?

Oui, une transmission est possible avant l'éjaculation.

C'est probablement le point le plus important de cet article.

Certaines infections peuvent être présentes dans les sécrétions génitales ou dans l'urètre, indépendamment de l'éjaculation.

C'est notamment le cas d'infections comme la gonorrhée ou la chlamydia.

Concernant le VIH, une exposition au liquide pré-éjaculatoire peut également présenter un risque dans certaines situations, notamment lorsqu'une personne vivant avec le VIH n'a pas de charge virale durablement indétectable.

Précision essentielle : une personne vivant avec le VIH, sous traitement efficace et présentant une charge virale durablement indétectable, ne transmet pas le VIH par voie sexuelle. C'est le principe Indétectable = Intransmissible (I = I).

Mais attention : toutes les IST ne se transmettent pas uniquement par les liquides.

L'herpès génital, le papillomavirus humain (HPV) et la syphilis peuvent également se transmettre par contact avec des zones de peau ou de muqueuse infectées.

Et ces contacts peuvent se produire sans pénétration.

L'absence d'éjaculation ne signifie donc pas absence de risque.

5. Et peut-on tomber enceinte avec le liquide pré-éjaculatoire ?

C'est une autre question importante.

Les sécrétions produites par les glandes de Cowper ne sont pas destinées à transporter des spermatozoïdes.

Mais le liquide recueilli à l'extrémité du pénis peut parfois en contenir.

Des spermatozoïdes peuvent notamment être présents dans l'urètre ou se retrouver dans le liquide pré-éjaculatoire.

La présence de spermatozoïdes est variable selon les personnes et les circonstances.

Cela signifie qu'une grossesse reste possible lorsqu'il y a exposition au liquide pré-éjaculatoire, même sans éjaculation dans le vagin.

C'est l'une des raisons pour lesquelles le retrait avant l'éjaculation n'est pas une méthode contraceptive suffisamment fiable.

6. Alors, quand faut-il mettre le préservatif ?

Voici la réponse que nous aimerions voir mieux connue :

Le préservatif ne doit pas être mis juste avant l'éjaculation, ni seulement au moment de la pénétration.

Pour réduire le risque d'IST, il doit être mis sur le pénis en érection avant tout contact génital, oral ou anal avec le ou la partenaire.

Pourquoi ?

Parce que les sécrétions peuvent apparaître dès l'excitation, parfois sans que l'on s'en aperçoive.

Parce que certaines infections se transmettent par contact entre les muqueuses.

Et parce que certains agents infectieux se transmettent aussi par contact direct avec la peau.

Le préservatif constitue une barrière très efficace lorsqu'il est correctement utilisé, mais il ne protège pas intégralement les zones génitales qui restent découvertes.

Il réduit donc considérablement certains risques, sans les supprimer tous.

7. Et les préliminaires, alors ?

Les préliminaires ne sont pas tous associés au même niveau de risque.

Les caresses sur une peau intacte, les baisers, les frottements génitaux et les rapports oraux ne présentent pas les mêmes possibilités de transmission.

Une fellation sans préservatif peut notamment exposer à la gonorrhée, à la syphilis, à l'herpès ou à d'autres IST.

Les frottements entre organes génitaux peuvent également permettre certaines transmissions, notamment par contact cutané.

Cela ne signifie pas qu'il faut avoir peur de chaque contact.

Cela signifie simplement que la prévention doit tenir compte des pratiques réelles, et pas uniquement de la pénétration.

Le préservatif externe, le préservatif interne et les digues dentaires sont des moyens de protection adaptés à différentes pratiques.

Le dépistage, la vaccination contre certaines infections et la communication entre partenaires participent également à la prévention.

8. Le savais-tu ? Le corps n'attend pas ton feu vert !

Voilà finalement ce qui est assez fascinant.

Nous avons parfois tendance à considérer l'éjaculation comme le véritable début du risque.

Comme si le corps attendait ce moment précis pour produire des liquides susceptibles de transmettre une infection.

Mais la physiologie humaine ne fonctionne pas ainsi.

Les glandes de Cowper peuvent commencer à sécréter dès l'excitation.

Les glandes de Littré participent à la lubrification de l'urètre.

Et certaines infections peuvent être transmises bien avant l'orgasme, parfois même sans pénétration.

La prévention ne commence donc pas à l'éjaculation. Elle commence avant les contacts susceptibles de transmettre une infection.

Chez CondomZ, nous pensons qu'une sexualité épanouie passe aussi par la connaissance de son corps.

Comprendre ce qui se passe pendant l'excitation, connaître les risques réels et savoir utiliser un préservatif au bon moment, ce n'est pas rendre la sexualité compliquée.

C'est simplement permettre à chacun de faire ses choix en connaissance de cause.

Et maintenant, tu le sais !