Dans quelles pratiques utiliser un préservatif ?
Dernière vérification des sources : (sources officielles, recommandations et démarches).
Ce dossier n'a pas fait l'objet d'une relecture médicale. Il résume des sources officielles et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.
En trois idées
- Les IST ne se transmettent pas que par la pénétration.
- La bonne protection dépend de la pratique : préservatif pour la pénétration et la fellation, digue dentaire pour le cunnilingus et l’anulingus.
- Aucune protection ne remplace le consentement : chacun·e est libre de dire oui, de dire non, et de changer d’avis.
Se protéger, ce n’est pas qu’une affaire de pénétration. Ici, pas de jugement et pas de palmarès : on décrit des pratiques, avec ce que dit Santé publique France de chacune. Une règle de méthode : ce site ne classe aucun risque lui-même, il reprend les formulations des sources officielles, qui ne disent pas que tout se vaut. Ce dossier ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.
Pénétration vaginale ou anale
D’après Santé publique France, le préservatif est recommandé pour toute pénétration, dès le début et jusqu’au retrait. Sans lui, on s’expose notamment au VIH, à l’hépatite B, aux condylomes, à la syphilis, à la chlamydiose et à la gonorrhée. Être pénétré·e par un pénis est la pratique qui expose le plus aux IST, surtout en cas d’éjaculation, mais celui ou celle qui pénètre y est aussi exposé·e, notamment par la muqueuse du gland. La muqueuse du vagin est fragile.
Pour la sodomie, Santé publique France indique qu’elle présente des risques élevés de transmission des IST sans préservatif, et qu’un lubrifiant réduit les lésions de la muqueuse anale : il doit toujours être compatible avec le préservatif (voir notre dossier sur les lubrifiants). Le manuel de l’OMS et de l’université Johns Hopkins donne un ordre de grandeur pour le VIH : le risque est environ 5 fois plus élevé lors d’une pénétration anale réceptive sans protection que lors d’une pénétration vaginale réceptive sans protection. Pour la grossesse, voir notre dossier sur le préservatif.
Rapports bucco-génitaux et bucco-anaux
La fellation
Les IST se transmettent aussi par la bouche. Santé publique France recommande d’utiliser un préservatif dès le début de la fellation. Recevoir une fellation sans préservatif présente un faible risque de contamination par le VIH, mais le risque est plus élevé pour d’autres IST, comme la syphilis, le HPV ou les infections à gonocoque. Le brossage des dents juste avant ou juste après abîme les gencives et facilite le passage des germes : mieux vaut s’en abstenir. La notice du fabricant SKYN rappelle de son côté que, pour le sexe oral, les dents peuvent abîmer le préservatif.
Le cunnilingus et l’anulingus
Selon Santé publique France, le VIH n’est pas concerné par le cunnilingus, mais plusieurs autres IST (gonorrhée, hépatite B, herpès, HPV, syphilis) peuvent se transmettre, par le cunnilingus comme par l’anulingus. La protection recommandée est la digue dentaire, surtout en période de règles : un petit carré de latex. On peut en fabriquer une en découpant un préservatif non lubrifié. Même conseil pour les dents : ne pas les brosser juste avant ou après.
Caresses, frottements, masturbation, objets partagés
D’après la même source de Santé publique France :
- Frottements sexe contre sexe. Des IST peuvent se transmettre par l’échange de fluides (herpès, chlamydiose) ou par contact direct avec des lésions ou des muqueuses infectées (papillomavirus).
- Masturbation et doigtage. Certaines IST peuvent être transmises par les mains (chlamydia, HPV, herpès), surtout s’il y a échange de fluides ou si la muqueuse est fragilisée par les règles ou de petites coupures. Se laver les mains et avoir les ongles courts est recommandé.
- Objets partagés. Il vaut mieux ne pas les partager. Sinon, un préservatif ou une digue par partenaire, et un préservatif différent à chaque pénétration, pour ne pas transporter de germes d’un orifice à l’autre.
- Les sécrétions du ou de la partenaire. Les utiliser pour se masturber ou comme lubrifiant comporte un risque de transmission d’IST.
Quand plusieurs pratiques se suivent
Un préservatif se change à chaque rapport, entre chaque pénétration, d’après Santé publique France. La notice de SKYN demande de changer de préservatif entre les partenaires et entre les actes, qu’ils soient vaginaux, oraux ou anaux. Le manuel de l’OMS ajoute de ne pas garder le même préservatif en passant de l’anal au vaginal, ce qui peut transférer des bactéries. En clair : quand tu changes de pratique ou de partenaire, tu changes de préservatif.
Quelle protection pour quelle pratique ?
| Pratique | Ce que recommandent les sources | Source |
|---|---|---|
| Pénétration vaginale ou anale | Préservatif, dès le début et jusqu’au retrait | Santé publique France |
| Fellation | Préservatif | Santé publique France |
| Cunnilingus, anulingus | Digue dentaire | Santé publique France |
| Frottements, masturbation, doigtage | Un risque existe. Pas de barrière décrite : se laver les mains, avoir les ongles courts | Santé publique France |
| Objets partagés | Ne pas les partager, ou un préservatif ou une digue par partenaire | Santé publique France |
Ce tableau n’est pas un classement des risques : il indique la protection que les sources recommandent pour chaque pratique.
Le consentement avant tout
Aucune de ces pratiques n’a de sens sans l’accord de chacun·e. Depuis le 8 novembre 2025, l’article 222-22 du Code pénal précise que le consentement est « libre et éclairé, spécifique, préalable et révocable ». Concrètement : dire oui à une pratique ne vaut pas pour une autre, cela se donne avant, et on peut le retirer à tout moment. Santé publique France ajoute, sur Sexosafe (son site destiné aux hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes), qu’il doit être clair, libre et éclairé, et que si quelqu’un n’a pas dit clairement oui, mieux vaut s’abstenir.
Parler avant est préférable : avec ou sans préservatif, avec une digue ou non, jusqu’où chacun·e veut aller. Une décision, quelle qu’elle soit, se respecte. Pour aller plus loin : Santé publique France, le consentement, et notre article Pourquoi CondomZ parle de consentement sur ses emballages (un article de blog, pas une source officielle).
Sources
Toutes consultées le 10 octobre 2026.
- Santé.fr, Comment attrape-t-on une IST ?, information proposée par Santé publique France, publiée le 17 juin 2024, mise à jour le 1er octobre 2026.
- Santé publique France, Questions Sexualité, Le préservatif externe ou « masculin » (page non datée).
- Santé publique France, Questions Sexualité, Sodomie : comment se protéger des IST ? (page non datée).
- OMS et université Johns Hopkins, Family Planning: A Global Handbook for Providers, chapitre 14 (édition récente).
- SKYN, notice des préservatifs sans latex, révision de mai 2022.
- Santé publique France, Sexosafe, Le consentement (page non datée).
- Légifrance, Code pénal, articles 222-22 et suivants, loi n° 2025-1057 du 6 novembre 2025.
Limites des connaissances
- Pas de classement. Les sources officielles ne donnent pas toutes un niveau de risque pour chaque pratique, et ce dossier n’en invente pas. Il ne dit pas que toutes les pratiques présentent le même risque, ni lesquelles sont « sûres ».
- Des pages non datées. Plusieurs pages de Santé publique France ne portent pas de date. Les recommandations peuvent évoluer.
- Un dossier de synthèse. Il résume des sources officielles, il ne remplace pas un professionnel de santé. L’état de sa relecture médicale est indiqué en haut de la page.
Transparence : ce site est édité par MB LAB, l'entreprise qui exploite aussi Condomz.com et sa marque CondomZ, qui vendent des préservatifs et des lubrifiants. Les liens vers Condomz.com mènent à notre boutique ; ils ne dictent pas le contenu de ce dossier, qui s'appuie sur des sources officielles citées en bas de page. Ce dossier est une synthèse de ces sources : il ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.