← Bibliothèque Difficultés sexuelles & accompagnement Désir et couple

Différences de libido dans le couple

Par Wilfried Borg ·

Dernière vérification des sources : (sources officielles, recommandations et démarches).

Ce dossier n'a pas fait l'objet d'une relecture médicale. Il résume des sources officielles et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.

En trois idées

  • Un écart de désir entre deux personnes n’est pas, en soi, une maladie. La classification de l’OMS ne parle de trouble que si le désir est absent ou très réduit depuis plusieurs mois et s’accompagne d’une souffrance.
  • Le désir de l’un ne crée aucune obligation pour l’autre. Le Code pénal exige un consentement libre, éclairé, spécifique, préalable et révocable, et la Cour européenne des droits de l’homme a jugé en 2025 que le « devoir conjugal » ne prenait pas en compte le consentement.
  • Si l’écart fait souffrir l’un ou l’autre, on peut en parler à un médecin ou à un sexologue, seul ou à deux. Je n’ai trouvé aucune source officielle qui fixe une « bonne » fréquence.

L’un a envie plus souvent, l’autre moins. Ou pas du tout, pour un temps. Quand deux personnes n’ont pas envie des mêmes choses, ni au même moment, l’écart peut peser des deux côtés : celui qui se sent repoussé, celui qui se sent pressé.

Ici, pas de jugement et pas de verdict sur qui a « raison ». Ce que disent les sources, avec leurs dates, et leurs limites. Ce dossier ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé ni celui d’un juriste.

Désir, écart, trouble : ne pas tout mélanger

L’OMS, dont la définition est reprise par Santé publique France, décrit la santé sexuelle comme « un état de bien-être physique, émotionnel, mental et social associé à la sexualité ». Cette définition ne mentionne aucune fréquence de rapports.

Pour les médecins, la classification internationale des maladies de l’OMS (CIM-11, version 2026-01) décrit le « dysfonctionnement du désir sexuel hypoactif ». Il s’agit d’un désir absent ou diminué, qu’il soit spontané ou en réponse à des stimulations, ou d’une incapacité à le maintenir. Cela doit durer, de façon épisodique ou persistante, depuis au moins plusieurs mois, et s’accompagner d’une souffrance cliniquement significative.

Deux précisions comptent :

  • La souffrance fait partie de la définition. Un désir plus faible que celui de l’autre, sans souffrance, ne remplit pas ce critère.
  • La définition décrit le désir d’une personne, pas l’écart entre deux. Elle ne dit pas lequel des deux partenaires aurait « un problème ».
Situation Ce que disent les sources Que faire
Les envies ne coïncident pas, mais personne n’en souffre La CIM-11 exige une souffrance significative : ses critères ne s’appliquent pas Rien à traiter d’après ces critères
Le désir est absent ou très réduit depuis plusieurs mois, et cela fait souffrir C’est la description du trouble du désir sexuel hypoactif dans la CIM-11 Consulter : un médecin cherche l’origine, et un accompagnement en sexologie peut s’y ajouter
Un partenaire insiste, fait pression, ou un acte n’est pas voulu Le Code pénal définit l’agression sexuelle comme un acte sexuel non consenti Voir plus bas : la loi, et les numéros d’aide

Dire non, entendre non : ce que dit la loi

Le désir de l’un ne crée pas d’obligation pour l’autre. Deux textes le disent, l’un en droit pénal, l’autre en droit civil.

Le Code pénal. Depuis la loi du 6 novembre 2025, l’article 222-22 définit l’agression sexuelle comme « tout acte sexuel non consenti ». Il précise que le consentement est « libre et éclairé, spécifique, préalable et révocable », et qu’il est apprécié au regard des circonstances. « Révocable » signifie qu’on peut le retirer, y compris en cours de route.

Le « devoir conjugal ». Le 23 janvier 2025, la Cour européenne des droits de l’homme a jugé, dans l’affaire H.W. c. France, que ce devoir, tel que les juges français l’avaient réaffirmé, « ne prenait nullement en considération le consentement aux relations sexuelles ». Une épouse avait vu son divorce prononcé à ses torts exclusifs parce qu’elle avait cessé toute relation intime avec son mari. La Cour a conclu à une violation du droit au respect de la vie privée. L’arrêt est devenu définitif le 23 avril 2025.

Autrement dit : au regard de ces textes, ce n’est pas l’écart de désir qui pose problème, c’est un acte qui n’est pas consenti. Ce dossier n’est pas un avis juridique.

Si l’écart fait souffrir : en parler, et à qui

Si la différence de désir fait souffrir l’un ou l’autre, ou si le désir a disparu depuis plusieurs mois, en parler à un professionnel est une démarche raisonnable. Notre dossier sur la sexologie et la sexothérapie détaille qui peut aider (médecin généraliste, sage-femme, gynécologue, psychologue, sexologue), comment vérifier un professionnel et ce que rembourse l’Assurance Maladie. D’après le portail officiel Mon Parcours Handicap, les consultations de sexologie peuvent se dérouler seul ou en couple. Tu peux aussi t’adresser à un centre de santé sexuelle.

Une baisse de désir peut avoir une cause physique, ou venir d’un médicament : seul un avis médical permet de le savoir. Si tu prends un traitement, n’en change rien de toi-même : parles-en au médecin qui l’a prescrit.

Les sources officielles que j’ai consultées ne proposent aucune méthode pour aborder le sujet avec son ou sa partenaire. Je préfère ne pas en inventer : c’est précisément le travail d’un accompagnement de couple ou de sexologie.

Quand le désir de l’autre devient une pression

Si tu te sens forcé·e, menacé·e, ou si un acte a eu lieu contre ta volonté, ce n’est plus une question de libido : c’est une question de droit. Le site officiel Arrêtons les violences indique où s’adresser :

  • 17 ou 112 (police, gendarmerie) en cas d’urgence.
  • 114, par SMS, si tu ne peux pas parler à voix haute, par exemple parce que l’auteur est dans la même pièce.
  • 3919, « Violences femmes info » : service spécialisé dans les violences faites aux femmes, anonyme et gratuit. Ce n’est pas un numéro d’urgence.
  • Le site arretonslesviolences.gouv.fr, qui permet d’échanger en ligne, de façon anonyme, avec des policiers ou des gendarmes formés aux violences sexuelles et sexistes.

Le site recommande d’en parler à une personne de confiance, à un ou une professionnelle ou à une association spécialisée, que les faits soient anciens ou récents.

Sources

Consultées le 11 octobre 2026, sauf mention contraire.

  1. Santé publique France, Santé sexuelle : les enjeux, mis à jour le 17 novembre 2025.
  2. Organisation mondiale de la Santé, classification internationale des maladies, 11e révision (CIM-11), code HA00, version 2026-01. Texte vu sur un site de codage médical qui le reproduit, pas sur le site de l’OMS : à rouvrir sur icd.who.int.
  3. Légifrance, article 222-22 du Code pénal, version en vigueur depuis le 8 novembre 2025 (loi n° 2025-1057 du 6 novembre 2025). Vu seulement par extrait de recherche : le site bloque la lecture automatique.
  4. Cour européenne des droits de l’homme, arrêt H.W. c. France, 23 janvier 2025, requête n° 13805/21. Page officielle de la Cour ; le texte de l’arrêt n’a été vu que par extrait.
  5. Mon Parcours Handicap (Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie), Santé sexuelle : quel suivi médical ?, mis à jour le 27 novembre 2025.
  6. Gouvernement, Arrêtons les violences : violences au sein du couple. Vu seulement par extrait de recherche : numéros à revérifier le jour de la publication.

Limites des connaissances

  • Aucune page officielle française sur les écarts de désir dans un couple. Ce dossier s’appuie sur la définition de l’OMS, sur la loi et sur la Cour européenne des droits de l’homme. Il ne dit rien de ce qu’est une « bonne » fréquence, car je n’en ai trouvé aucune source.
  • La CIM-11 décrit le désir d’une personne, pas l’écart entre deux. Dire qu’un écart sans souffrance n’est pas un trouble est ma lecture de ses critères : elle reste à confirmer par un médecin.
  • Un état du droit à une date donnée. La loi de novembre 2025 et l’arrêt de janvier 2025 ne sont pas revérifiés depuis, et leurs conséquences en droit civil français n’ont pas été étudiées. Ce n’est pas un avis juridique.
  • Les horaires du 3919 sont donnés différemment selon les sources consultées : je ne les indique pas. Vérifie-les avant d’appeler.
  • Aucun conseil de communication. Les sources officielles consultées n’en donnent pas.
  • Un dossier de synthèse. Il résume des sources et ne remplace ni un médecin ni un juriste. L’état de sa relecture médicale est indiqué en haut de la page.

Transparence : ce site est édité par MB LAB, l'entreprise qui exploite aussi Condomz.com et sa marque CondomZ, qui vendent des préservatifs et des lubrifiants. Les liens vers Condomz.com mènent à notre boutique ; ils ne dictent pas le contenu de ce dossier, qui s'appuie sur des sources citées en bas de page. Ce dossier est une synthèse de ces sources : il ne propose aucun diagnostic et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.