Comment lire ce dossier. Quatre étiquettes signalent la solidité de ce qui est écrit : Établi (plusieurs sources concordantes), Discuté (les sources ou les historiens divergent), Légende (récit sans valeur historique) et Revendication du fabricant (argument commercial, non démontré). Un paragraphe sans étiquette repose sur une source dont le contenu est établi, avec sa date quand elle est ancienne.
Repères chronologiques
Chaque étape indique sa source et son niveau de certitude.
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Antiquité
Des étuis et des légendes, aucune certitude
Légende et interprétationsDes étuis péniens et des récits anciens (Égypte, Chine, Japon, mythologie grecque) sont parfois présentés comme les premiers préservatifs. Les historiens ne s'accordent pas : rien ne prouve qu'il s'agissait de préservatifs au sens actuel, et l'histoire du roi Minos relève de la mythologie.
Sources : Khan et coll., « The story of the condom », Indian Journal of Urology, 2013, esanum, « Condom providentiel »
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Fallope décrit une gaine de lin
DiscutéPublié après la mort de l'anatomiste italien Gabriele Falloppio, le traité De morbo gallico décrit une gaine de lin couvrant le gland, imprégnée d'une préparation et maintenue par un ruban ; il rapporte un essai sur environ 1 100 hommes. La description existe bien ; son rôle exact est discuté : prévenir la syphilis, ou la traiter après un rapport à risque.
Source : esanum, « Condom providentiel »
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La vulcanisation du caoutchouc
DiscutéCharles Goodyear met au point la vulcanisation en 1839 et la brevète en 1844 aux États-Unis. Le Britannique Thomas Hancock avait déposé un brevet britannique huit semaines plus tôt : la priorité est discutée. Le caoutchouc devient stable et durable.
Sources : Thackray Museum of Medicine, « The evolution of the condom », Better2Know, « A brief history of the condom » (article de vulgarisation, réécrit après vérification des sources)
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Vers
Les premiers préservatifs en caoutchouc vulcanisé
DiscutéPlusieurs sources datent de 1855 les premiers préservatifs en caoutchouc vulcanisé largement disponibles ; d'autres écrivent seulement « années 1850 ». Ils coûtent moins cher que ceux en boyau, mais ne se conservent que quelques mois.
Source : History.com, « How Condoms Evolved Since Ancient Times »
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Années
Le trempage dans le latex liquide
ÉtabliContrairement à une idée répandue, le latex n'a pas été « inventé » en 1920. Ce qui change, c'est que des fabricants allemands et américains plongent des moules directement dans du latex liquide : les préservatifs deviennent plus fins, plus durables et moins coûteux.
Sources : Better2Know, « A brief history of the condom » (article de vulgarisation, réécrit après vérification des sources), History.com, « How Condoms Evolved Since Ancient Times »
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Les préservatifs deviennent des dispositifs médicaux contrôlés
ÉtabliAux États-Unis, les préservatifs sont réglementés comme dispositifs médicaux depuis 1976. Au printemps 1987, la FDA lance un programme d'inspection des fabricants : les lots hors critère de fuite sont rappelés ou interdits à la vente.
Source : CDC, MMWR du 11 mars 1988, « Condoms for Prevention of Sexually Transmitted Diseases »
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Un préservatif synthétique est déjà comparé au latex
ÉtabliUne étude de 1992 compare le préservatif en latex Trojan-Enz au préservatif synthétique Tactylon. D'autres matériaux synthétiques sont donc évalués avant l'Avanti de 1994.
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Le premier préservatif masculin en polyuréthane
ÉtabliLe Durex Avanti, de London International Group, entre sur le marché américain en 1994 : c'est le premier préservatif masculin en polyuréthane. D'autres matériaux synthétiques étaient déjà évalués dès 1992. Dans la revue d'essais citée, les préservatifs non latex étudiés étaient similaires au latex pour la contraception : aucune supériorité d'une matière n'est établie.
Sources : Clinician, « Carter-Wallace debuts new polyurethane condom in U.S. », Revue systématique « Nonlatex versus latex male condoms for contraception » (PMC), CDC, MMWR du 6 août 1993, « Update: Barrier Protection Against HIV Infection and Other Sexually Transmitted Diseases »
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Le préservatif en spray, un prototype jamais commercialisé
ÉtabliUn éducateur à la santé sexuelle allemand conçoit un tube qui projette du latex liquide sur le pénis. Le prototype est testé puis abandonné vers 2008 ou 2009 ; les causes de l'abandon sont discutées.
Sources : TIME, « Spray-On Condoms: Still a Hard Sell », Museum of Failure, « Spray-on condom, 2006-2008 »
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La Fondation Gates appelle à réinventer le préservatif
ÉtabliUn appel pour des préservatifs de nouvelle génération est suivi de subventions de 100 000 dollars, dont une pour un composite latex-graphène à l'Université de Manchester. Un financement n'est pas un produit validé.
Sources : WebMD, « Bill Gates Offers $100,000 for Next-Gen Condom » (25 mars 2013), Université de Manchester (via Phys.org), « Condom mechanics of graphene » (2013)
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LELO HEX : une structure en hexagones
Revendication du fabricantCe préservatif en latex porte à l'intérieur une structure en hexagones. Le fabricant annonce moins de glissement, moins de casse et plus de sensation : ce sont des arguments commerciaux, que cette page ne présente pas comme des résultats démontrés.
Sources : iF Design Award, fiche du LELO HEX, Cool Hunting, « LELO's Reinvented Condom: HEX » (22 juin 2016)
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La norme ISO 4074:2026
ÉtabliLa 4e édition de la norme internationale sur les préservatifs masculins en latex de caoutchouc naturel est publiée en mars 2026 et remplace l'édition de 2015. Elle a été reprise par le CEN en avril 2026. Pour les préservatifs fabriqués en matériaux synthétiques, la norme de référence est l'ISO 23409:2011, confirmée en 2021.
Sources : ISO, norme ISO 4074:2026, CEN, EN ISO 4074:2026 (fiche SIST), ISO, norme ISO 23409:2011
1. Les premières protections et les incertitudes historiques
Discuté Des étuis péniens et des récits anciens, en Égypte, en Chine, au Japon ou dans la mythologie grecque, sont parfois présentés comme les premiers préservatifs. Les historiens ne s'accordent pas : rien ne permet de confirmer qu'il s'agissait de préservatifs au sens actuel. [2, 1, 19]
Légende et interprétations Le récit du roi Minos de Crète et de la vessie de chèvre relève de la mythologie grecque. Il est parfois cité comme « premier préservatif », mais ce n'est pas un fait historique. [1, 20]
Discuté En 1564, le traité De morbo gallico de l'anatomiste italien Gabriele Falloppio, publié après sa mort, décrit une gaine de lin couvrant le gland, imprégnée d'une préparation et maintenue par un ruban. Il rapporte un essai sur environ 1 100 hommes. La description existe ; son rôle exact est discuté : prévenir la syphilis, ou la traiter après un rapport à risque. [2]
Discuté La légende du « docteur Condom », médecin du roi d'Angleterre Charles II, est rejetée par la plupart des spécialistes : aucune trace d'un tel personnage n'a été retrouvée, et l'origine du mot « condom » reste incertaine. [21]
2. Les membranes animales et leurs limites
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les préservatifs sont fabriqués notamment à partir d'intestins ou de membranes animales. Leur usage reste limité par le coût, le confort et les réticences morales de l'époque ; au XVIIIe siècle, quel que soit le matériau, le préservatif reste un produit de luxe. [19, 2]
Plus près de nous, les préservatifs en membrane naturelle étaient fabriqués à partir de caecum d'agneau. Ils contiennent de petits pores : dans les études de laboratoire, le latex arrêtait le VIH et le virus de l'hépatite B, pas la membrane naturelle. Le CDC notait en 1988 que ces conditions de laboratoire pouvaient être plus extrêmes que l'usage réel, tout en concluant que le latex protège mieux contre les virus. [6]
En 1993, le CDC recommandait des préservatifs en latex pour prévenir le VIH et les IST : les préservatifs en membrane naturelle ont des pores assez petits pour arrêter les spermatozoïdes, mais assez grands pour laisser passer des virus dans les études de laboratoire. [7]
Ces constats datent de 1988 et de 1993. Ils illustrent une limite des matériaux naturels, pas un jugement sur les produits actuels, dont ce dossier n'a pas vérifié les notices.
3. La vulcanisation du caoutchouc au XIXe siècle
Discuté Charles Goodyear met au point la vulcanisation du caoutchouc en 1839 et la brevète en 1844 aux États-Unis. Le Britannique Thomas Hancock avait déposé un brevet britannique huit semaines plus tôt : la priorité de l'invention est discutée. [3, 4]
Discuté Plusieurs sources datent de 1855 les premiers préservatifs en caoutchouc vulcanisé largement disponibles ; d'autres écrivent seulement « années 1850 ». Ils ne se conservaient que quelques mois, contre plusieurs années pour les préservatifs en latex qui suivront. [5, 21]
4. L'industrialisation du latex au XXe siècle
Dans les années 1920, des fabricants allemands et américains commencent à plonger des moules directement dans du latex liquide. Contrairement à une idée répandue, le latex n'a pas été « inventé » en 1920 : c'est le procédé de fabrication qui change. [4]
Les préservatifs deviennent plus fins, plus durables et moins coûteux à produire ; un préservatif en latex peut se conserver environ cinq ans, contre quelques mois pour le caoutchouc vulcanisé. [4, 5]
La fabrication de masse appelle un contrôle. Aux États-Unis, les préservatifs sont réglementés comme dispositifs médicaux depuis 1976 ; au printemps 1987, la FDA lance un programme d'inspection des fabricants, des importateurs et des reconditionneurs de préservatifs en latex. [6]
En 1988, la FDA remplissait les préservatifs de 300 mL d'eau pour y chercher des fuites ; un lot était hors critère au-delà de 4 préservatifs fuyards pour 1 000. Sur 430 lots examinés, environ 12 % des lots nationaux et 21 % des lots étrangers dépassaient ce seuil. Ce sont des chiffres de 1988, aux États-Unis : ils ne décrivent pas la qualité actuelle. [6]
5. Les matériaux modernes : latex, polyuréthane, polyisoprène et nitrile
Aujourd'hui, la matière de référence des normes est le latex de caoutchouc naturel (ISO 4074). Les matériaux synthétiques, ou les mélanges avec du latex naturel, relèvent d'une autre norme, l'ISO 23409:2011. [16, 18]
Les préservatifs masculins sans latex naturel se développent à partir des années 1990, pour les personnes allergiques ou sensibles au latex. Dès 1992, un préservatif synthétique (Tactylon) est comparé à un préservatif en latex ; en 1994, le Durex Avanti devient le premier préservatif masculin en polyuréthane sur le marché américain. [9, 7, 8]
En 1998, un essai randomisé sur 360 couples compare ce premier polyuréthane au latex : la casse clinique atteint 7,2 % contre 1,1 %, le glissement complet 3,6 % contre 0,6 %. Pourtant, 47 % des participants préfèrent le polyuréthane dans l'ensemble, dont 51 % des hommes pour la sensibilité. Limites : résultats déclarés par les participants, essai court, produit de première génération dont l'épaisseur a été augmentée en 1996. Ces chiffres ne valent pas pour les modèles actuels. [22]
Dans la revue systématique citée plus haut, l'Avanti et le Tactylon étaient similaires au latex pour la contraception. Ces résultats portent sur des mesures différentes (casse et glissement d'un côté, grossesses de l'autre) et sur des produits d'époques différentes : ils ne permettent pas de désigner une matière gagnante. [9]
Discuté Le polyisoprène, matériau de synthèse décrit comme un latex synthétique, arrive au milieu des années 2000 ; la date exacte est discutée. La gamme SKYN d'Ansell en est un exemple cité. [23]
Des préservatifs masculins en nitrile font l'objet d'essais cliniques de performance, menés par un fabricant. Leur statut réglementaire, leur disponibilité en France et leurs résultats ne sont pas établis par nos sources. [24, 25]
Voir aussi sur ce site : Matières des préservatifs : latex, polyisoprène, polyuréthane.
Comparateur des matériaux
Ce tableau ne désigne aucune matière gagnante. Les cases « non établi » sont volontaires : elles signalent ce que nos sources ne documentent pas. Dans tous les cas, la notice du modèle prévaut, notamment pour les lubrifiants.
Sur un petit écran, fais glisser le tableau vers la droite pour voir les autres matériaux. La première colonne reste affichée.
| Critère | Latex naturel | Polyuréthane | Polyisoprène synthétique | Nitrile |
|---|---|---|---|---|
| Origine | Latex de caoutchouc naturel [16] | Film de polyuréthane, une matière plastique de synthèse [9] | Discuté Matériau de synthèse décrit comme un latex synthétique, apparu au milieu des années 2000 (date discutée) [23] | Matériau de synthèse cité parmi les matières des préservatifs externes sans latex [43] |
| Élasticité | Plus élastique que le polyuréthane (essai de 1998) [22] | Moins élastique que le latex (essai de 1998) [22] | Discuté Décrite comme proche du latex par des sources grand public ; à vérifier [44, 45] | Non établi Non établi par nos sources |
| Usages | Matière de référence de l'ISO 4074 ; à éviter en cas d'allergie ou de sensibilité au latex [16, 9] | Alternative sans latex ; en général inodore et transparent [9, 22] | Discuté Alternative sans latex naturel, d'après des sources grand public ; à vérifier sur la notice [44, 45] | En cours d'évaluation clinique ; statut et disponibilité en France non établis [24] |
| Lubrifiants (selon les modèles) | Eau ou silicone ; les lubrifiants à base d'huile (vaseline, huiles minérales ou de massage, lotions, huile de cuisine) peuvent l'affaiblir. En 1993, le CDC ne citait que l'eau [7, 46] | Résistant aux lubrifiants à base d'huile selon l'essai de 1998 ; eau et silicone admis ; à vérifier sur la notice du modèle [22, 46] | Discuté Eau ; l'huile peut le faire se rompre. Silicone : les sources divergent, suivre la notice du modèle [46, 47] | Non établi Non établi par nos sources ; se référer à la notice |
| Avantages documentés | Casse de 1,1 % dans l'essai de 1998, contre 7,2 % pour le polyuréthane de première génération testé [22] | Paroi plus fine (0,035 à 0,040 mm contre 0,070 à 0,080 mm) ; sensibilité préférée par 51 % des hommes de l'essai de 1998 [22] | Discuté Sans latex naturel ; sensation proche du latex selon des sources grand public ; à vérifier [44, 45] | Non établi À l'étude : aucun avantage établi |
| Limites documentées | Allergie possible ; fragilisé par les huiles [9, 7] | Casse de 7,2 % et glissement complet de 3,6 % en 1998 : produit de première génération, à ne pas généraliser aux modèles actuels [22] | Non établi Aucun chiffre vérifié dans nos sources institutionnelles | Non établi Résultats d'essais non vérifiés |
| Norme de référence | ISO 4074:2026 [16] | ISO 23409:2011 (matériaux synthétiques ou mélanges) [18] | ISO 23409:2011 (matériaux synthétiques ou mélanges) [18] | ISO 23409:2011 (matériaux synthétiques ou mélanges) [18] |
6. Les évolutions de tailles, de formes et d'ajustement
Pour les achats publics, la spécification technique de l'OMS et de l'UNFPA (édition 2020, rapport OMS TRS 1025) indique deux largeurs standard, 49 mm et 53 mm (± 2 mm), et fixe une longueur minimale de 165 mm pour une largeur nominale inférieure à 50 mm, de 180 mm de 50 à 55,5 mm et de 190 mm à partir de 56 mm. Ces valeurs changent d'une édition à l'autre : celle de 2003 demandait 170 mm pour les largeurs inférieures à 50 mm. [26, 27]
L'ajustement compte pour l'usage : dans l'essai de 1998, des problèmes d'ajustement étaient signalés pour 11 % des préservatifs en latex et pour 3 % de ceux en polyuréthane, plus large à plat (64 mm contre 52 mm). [22]
Le CDC constatait en 1988 qu'aucune donnée ne comparait la casse selon la taille, l'épaisseur ou le type de préservatif. Ce constat est ancien. [6]
Les formes (texturées, anatomiques, ajustées sur mesure) ne sont pas traitées ici : nous n'avons pas rassemblé de sources vérifiées à leur sujet.
7. Les innovations structurelles, notamment LELO HEX
Lancé le 14 juin 2016 par la société suédoise LELO, le HEX est un préservatif en latex dont l'intérieur porte une structure en hexagones, environ 350 d'après la presse spécialisée en design. [14, 28]
Revendication du fabricant Le fabricant annonce moins de glissement, moins de casse et plus de sensation, et parle de la première innovation majeure depuis 70 ans. Ce sont des arguments commerciaux, pas des résultats démontrés. [15]
Revendication du fabricant Un article de vulgarisation observait qu'aucune étude contrôlée comparant le HEX à un préservatif classique n'avait été publiée. Nous n'avons pas fait de recherche systématique dans la littérature : ce point reste à vérifier, et le statut réglementaire du HEX n'est pas établi par nos sources. [29]
Voir aussi sur ce site : Innovations abandonnées : ce qui a échoué en recherche, et pourquoi.
8. Le préservatif en spray et les prototypes non commercialisés
Dès 2006, l'éducateur à la santé sexuelle allemand Jan Vinzenz Krause conçoit un prototype : un tube à buses qui projette du latex liquide de tous côtés, sur le principe d'un lavage automobile. Testé en 2007 et 2008, il n'a jamais été commercialisé ; le projet est abandonné vers 2008 ou 2009. [10, 11]
Discuté Les causes de l'abandon sont discutées : le latex liquide mettait deux à trois minutes à durcir, des testeurs hésitaient à introduire le pénis dans le tube, et l'inventeur aurait aussi renoncé devant la difficulté de respecter les exigences européennes sur les produits médicaux. Aucune de ces causes n'est désignée comme la seule. [10, 30, 31]
Voir aussi sur ce site : Innovations abandonnées : ce qui a échoué en recherche, et pourquoi.
9. Les contrôles de qualité et les normes
Dans l'Union européenne, un préservatif est un dispositif médical. Le règlement (UE) 2017/745 range dans la classe IIb les dispositifs utilisés pour la contraception ou pour prévenir la transmission des infections sexuellement transmissibles, ce qui impose l'intervention d'un organisme notifié. [32]
En France, le marquage CE est obligatoire pour tout préservatif commercialisé sur le marché européen : il atteste la conformité aux exigences de sécurité et de performance, évaluée par un organisme notifié, et les fabricants doivent respecter des règles d'étiquetage. [33]
Deux normes internationales décrivent les exigences et les essais. L'ISO 4074:2026 (4e édition, mars 2026) concerne les préservatifs masculins en latex de caoutchouc naturel ; elle remplace l'édition de 2015 et a été reprise par le CEN en avril 2026. L'ISO 23409:2011, confirmée en 2021, concerne les préservatifs en matériaux synthétiques ou en mélanges avec du latex naturel. [16, 17, 18]
Le sommaire de l'ISO 23409 comprend notamment l'évaluation préclinique et les investigations cliniques, le volume et la pression d'éclatement, l'absence de trous, la stabilité et la durée de conservation, l'intégrité de l'emballage et l'étiquetage. Nous n'avons pas comparé ligne à ligne son contenu avec celui de l'ISO 4074:2026, payante : nous ne disons donc pas qu'une norme exige des essais cliniques et pas l'autre. [34]
L'OMS et l'UNFPA ajoutent, pour les achats publics, une spécification et un programme de préqualification fondés sur les méthodes d'essai de l'ISO 4074, avec un échantillonnage réalisé par un laboratoire indépendant. [35, 36]
Aux États-Unis, la FDA a publié en 1995 des lignes directrices pour tester les préservatifs masculins fabriqués dans un nouveau matériau ; l'essai de 1998 sur le polyuréthane s'y est conformé. [22]
Une conformité technique n'est pas une garantie absolue. Le CDC écrivait en 1988 que le préservatif réduit sans l'éliminer le risque d'IST, et que les échecs viennent probablement plus souvent d'une mauvaise utilisation que d'un défaut du produit. Dans trois études prospectives citées par le CDC en 1993, la casse déclarée était de 2 % ou moins. Pour la grossesse, l'OMS indique environ 13 grossesses pour 100 femmes la première année en usage courant, et environ 2 en usage correct à chaque rapport. Pour le VIH, utilisé de façon constante et correcte, le préservatif évite 80 à 95 % des transmissions qui auraient eu lieu sans lui. [6, 7, 37, 38]
La disponibilité réelle de chaque matériau et de chaque modèle en France n'a pas été vérifiée pour ce dossier. Un marquage CE, une norme respectée ou un essai favorable ne remplacent ni l'usage correct, ni la notice du modèle, ni l'avis d'un professionnel de santé.
Voir aussi sur ce site : Fabrication, normes et marché du préservatif.
10. Les recherches et perspectives futures
En mars 2013, la Fondation Gates lance un appel pour des préservatifs de nouvelle génération qui préservent ou améliorent le plaisir afin de favoriser un usage régulier : nouveaux matériaux, pose plus simple, meilleure acceptation culturelle. Les subventions initiales sont de 100 000 dollars. [12, 39]
En novembre 2013, l'Université de Manchester reçoit 100 000 dollars pour développer des composites latex-graphène ; l'école de médecine de l'Université de Boston reçoit une subvention pour un préservatif fondé sur les nanotechnologies ; d'autres équipes travaillent sur une taille universelle ou un applicateur. [13, 40, 41]
Un essai de performance enregistré compare un préservatif en nitrile et un préservatif latex-graphène à un préservatif en latex standard. Ses résultats ne sont pas vérifiés à ce jour. [42]
Un financement de recherche n'est pas un produit validé. Ce qui est établi : des équipes cherchent des matériaux et des structures nouveaux. Ce qui ne l'est pas : qu'un de ces projets débouche sur un préservatif plus sûr ou plus agréable.
Voir aussi sur ce site : Ton préservatif, l'encyclopédie du site.
Hypothèse, essai clinique, innovation autorisée
Trois étapes à ne pas confondre.
- Hypothèse
- Une explication ou une idée proposée par des chercheurs, qu'il reste à vérifier. À ce stade, rien n'est démontré.
- Essai clinique
- Une étude scientifique menée sur des personnes volontaires, pour savoir si une méthode ou un produit est sûr et efficace. Elle suppose l'information et le consentement des participants, et fait partie des dernières étapes avant la mise sur le marché d'un nouveau traitement. Source : hopital.fr, « Recherche clinique »
- Innovation autorisée
- Un produit ou une méthode qui a passé l'évaluation exigée par la loi. Pour un préservatif en Europe : un dispositif médical qui porte le marquage CE, délivré après évaluation par un organisme notifié. Sources : EUR-Lex, règlement (UE) 2017/745 relatif aux dispositifs médicaux, DGCCRF, « Préservatifs : choisissez une protection sûre »
À retenir : Un essai en cours, ou un financement de recherche, n'est ni une preuve ni une autorisation.
À retenir
- L'histoire ancienne est incertaine : beaucoup de dates et de récits sont discutés ou relèvent de la légende.
- Les ruptures techniques documentées sont la vulcanisation du caoutchouc, le trempage dans le latex liquide, puis les matériaux synthétiques à partir des années 1990.
- Aucune matière n'est désignée supérieure par les sources de ce dossier : les essais sont anciens, limités, ou concernent des produits qui ont changé.
- Les promesses des fabricants et les financements de recherche ne sont pas des preuves.
- Un préservatif conforme à une norme ne garantit pas l'absence de grossesse ni d'infection : l'usage correct à chaque rapport reste déterminant.
Quand demander l'avis d'un professionnel de santé
Pour choisir une méthode de contraception, en cas de réaction allergique, après une rupture ou un glissement, ou si vous vous demandez si vous avez été exposé à une infection, demandez l'avis d'un médecin, d'un pharmacien ou d'un centre de santé sexuelle.
L'outil « Qui consulter ? » du site aide à s'orienter vers le bon professionnel.
À propos de ce dossier
Wilfried Borg est le fondateur de Condomz.com (2003) et connaît le marché et l'industrie du préservatif. Il n'est pas médecin : il ne parle ici ni en médecin, ni au nom de professionnels de santé.
- Chaque affirmation renvoie à une source datée, citée sur la page.
- Trois niveaux de certitude sont affichés : Établi, Discuté, Légende. Une revendication d'un fabricant est signalée comme telle.
- Quand elles diffèrent, les recommandations internationales sont distinguées de la disponibilité réelle en France.
- Aucune promesse de guérison, aucune garantie de protection absolue : une conformité technique n'est pas une garantie contre la grossesse ou les infections.
- Les contenus de santé sensibles doivent être relus par un professionnel compétent avant leur publication définitive. Tant que cette relecture n'est pas faite, aucune page n'est présentée comme scientifiquement validée.
Publié le 22 octobre 2026, mis à jour le 22 octobre 2026. Sources vérifiées le 22 octobre 2026.
Sources
Consultées le 22 octobre 2026. Les liens mènent à des sites extérieurs. Le numéro entre crochets, dans le texte, renvoie à cette liste.
- Khan et coll., « The story of the condom », Indian Journal of Urology, 2013
- esanum, « Condom providentiel »
- Thackray Museum of Medicine, « The evolution of the condom »
- Better2Know, « A brief history of the condom » (article de vulgarisation, réécrit après vérification des sources)
- History.com, « How Condoms Evolved Since Ancient Times »
- CDC, MMWR du 11 mars 1988, « Condoms for Prevention of Sexually Transmitted Diseases »
- CDC, MMWR du 6 août 1993, « Update: Barrier Protection Against HIV Infection and Other Sexually Transmitted Diseases »
- Clinician, « Carter-Wallace debuts new polyurethane condom in U.S. »
- Revue systématique « Nonlatex versus latex male condoms for contraception » (PMC)
- TIME, « Spray-On Condoms: Still a Hard Sell »
- Museum of Failure, « Spray-on condom, 2006-2008 »
- WebMD, « Bill Gates Offers $100,000 for Next-Gen Condom » (25 mars 2013)
- Université de Manchester (via Phys.org), « Condom mechanics of graphene » (2013)
- iF Design Award, fiche du LELO HEX
- Cool Hunting, « LELO's Reinvented Condom: HEX » (22 juin 2016)
- ISO, norme ISO 4074:2026
- CEN, EN ISO 4074:2026 (fiche SIST)
- ISO, norme ISO 23409:2011
- Terpan, « Histoire du préservatif masculin » (14 octobre 2026, article de vulgarisation)
- La Nación (Costa Rica), « Esta es la historia del condón »
- Indian Journal of Sexually Transmitted Diseases and AIDS (PMC), historique du préservatif
- Frezieres et coll., « Breakage and Acceptability of a Polyurethane Condom », Perspectives on Sexual and Reproductive Health, 1998
- Ending HIV (Australie), « The Wrap Up: A brief history of condoms »
- ClinicalTrials.gov, essai NCT05912283 (préservatifs masculins en nitrile)
- ClinicalTrials.gov, essai NCT06079060 (nitrile, Durban et Californie)
- OMS, rapport TRS 1025, annexe 10 : spécification technique OMS/UNFPA pour les préservatifs masculins en latex (2020)
- OMS, UNAIDS, UNFPA, FHI, « The Male Latex Condom: Specification and Guidelines for Condom Procurement » (2003)
- Designboom, « LELO reinvents the condom with HEX » (23 juin 2016)
- Analyse de vulgarisation (Medium) sur le LELO HEX
- Cool Hunting, « Spray-On Condom »
- The Hustle, « Why, though? The mood-killing spray-on condom »
- EUR-Lex, règlement (UE) 2017/745 relatif aux dispositifs médicaux
- DGCCRF, « Préservatifs : choisissez une protection sûre »
- BSI / SAI Global, sommaire de la norme ISO 23409:2011
- OMS, UNFPA, FHI, « Male latex condom: specification, prequalification and guidelines for procurement » (2010, révisé en 2013)
- UNFPA, « Préservatif masculin en latex : spécifications, préqualification et directives d'achat » (2010, version française)
- OMS, « Mechanisms of action and effectiveness of contraceptive methods »
- OMS et Johns Hopkins CCP, Family Planning: A Global Handbook for Providers, « How Effective? »
- Boston University Medical Campus, « BUSM/BMC Receives Grand Challenges Explorations Grant » (2 décembre 2013)
- CBC, « Graphene condom project is focus of Gates foundation grant »
- IEEE Spectrum, « Better Condoms Through Nanotechnology »
- ClinicalTrials.gov, essai NCT04881877 (nitrile et latex-graphène)
- Boston Children's Hospital, « Barrier Methods: Condoms »
- Healthline, « 8 FAQs About Polyurethane Condoms » (article de vulgarisation)
- ScienceInsights, « What Condoms Are Not Latex? 4 Types Compared » (article de vulgarisation)
- Cleveland Clinic, « Condoms: Types, Use, Effectiveness & How They Work »
- Condoms.net, « Understanding Condom Materials: A Complete Guide » (guide commercial)
- hopital.fr, « Recherche clinique »
Pour aller plus loin
L'encyclopédie du préservatif : Ton préservatif.
Les matières des préservatifs, côté fabrication : Matières des préservatifs : latex, polyisoprène, polyuréthane.
Fabrication, normes et marché : Fabrication, normes et marché du préservatif : vue d'ensemble.
Les usines, les matières et les normes : la bibliothèque Science & fabrication.
Les méthodes contraceptives : Méthodes contraceptives : ce qui existe, ce qui a changé, ce qui reste incertain.
Tous les dossiers de la rubrique : La Recherche.
Vers quel professionnel se tourner : l'outil « Qui consulter ? ».
Qui écrit ces dossiers : Qui suis-je.
L'auteur dirige une marque de préservatifs, Condomz.com. Les autres marques sont citées comme exemples historiques ou techniques, sans classement ni recommandation.